Pour poursuivre l'article précédent, et les enseignements que l'on peut tirer du palmarès 2016 du concours général agricole, on peut donc noter que beaucoup des vins figurant au palmarès ne sont pas forcément ceux qui présentent les meilleures garanties de bonification au vieillissement mais on peut également noter que ceux qui sont récompensés sont les plus "techniques", en comparaison avec des vins dits traditionnels.
On différenciera les vins techniques des vins traditionnels par l'utilisation importante de matériels ou d'intrants : thermovinification, copeaux ou équivalents. Or, ces éléments on un impact très important sur le profil sensoriel et gustatif des vins. Ma petite expérience peut vous assurer qu'il tient aujourd'hui du miracle pour un vin d'obtenir une médaille sans qu'il soit élaboré tout ou partie avec la thermonvinification et/ou des copeaux. Oui, un vin fait uniquement de raisin et éventuellement d'un peu de levure sélectionnée n'a aujourd'hui pratiquement aucune chance d'être médaillé à Paris.
Et là, on tombe en pleine schizophrénie. Alors que ceux qui parlent au nom des consommateurs ne jurent que par des vins plus authentiques, plus proches de ce qu'il se faisait autrefois croit-on, ce sont les vins pour lesquels la technique est plus importante que la qualité intrinsèque du raisin qui plaisent.
Au secours....
Nous nageons en plein paradoxe, alors que tout le monde parle de terroir, de son respect et d'identité, ce sont les vins qui mettent en avant la maîtrise technique plus que le goût du raisin qui remportent les suffrage des consommateurs.
Pour moi, il en est du consommateur-roi comme de l'enfant-roi, on en perd le rôle de l'élevage pour le vin et de l'éducation pour l'enfant. Et nous allons droit dans le mur en klaxonnant; alors je milite pour une retour des professionnels au centre du jeu. Que seraient un match de foot ou de rugby sans arbitre, une parodie de sport. Pour certains vins médaillés, on est pas loin de la parodie aujourd'hui. Mais les professionnels ne doivent pas être des censeurs porteurs d'une vérité absolue, ils doivent être des pédagogues et expliquer aux consommateurs que leur jugement n'est pas juste et qu'ils font fausse route en prenant pour éternelle une qualité qui n'est que passagère, surtout sur des vins rouges non conditionnés.
lundi 7 mars 2016
jeudi 3 mars 2016
Concours général agricole, Consommateurs, Schizophrénie et Vin 2.0
Les résultats du concours général agricole 2016 pour les vins ont été donnés dimanche dernier.
Comme chaque année, il y a les heureux, les surpris et les déçus. Ce concours est le plus réputé de part son antériorité et du fait qu'il s'enorgueilli d'avoir parmi ses jurés une large palette de consommateurs, et que ces résultats sont donc représentatif des goûts des consommateurs, que l'on oppose parfois à ceux des professionnels.
A la lecture du palmarès pour l'appellation Bordeaux, et quand l'on connaît le dessous des cartes il est à noté certains enseignements.
Notre société ultra connectée, gage de démocratie directe dit-on, considère les avis des consommateurs d'un produit ou des utilisateurs d'un service comme vérité intangible ferme et définitive. Selon cette logique, le palmarès du concours général agricole 2016 vaut donc vérité du goût des consommateurs en 2016. Soit.
Cependant, en tant qu'expert, ou professionnel de la dégustation, je vois une évolution depuis maintenant une décennie. A l'initiative des organisateurs de concours, une part de plus en plus large est faite aux amateurs (éclairés?) dans les jury, alors qu'auparavant il fallait justifier d'une expérience en dégustation pour postuler. J'ai ainsi participé, et continue à le faire quand cela est possible à des jury de concours. Force est de constater que si certains amateurs dégustent très bien et possèdent un goût sûr et affirmé, d'autres jugent plus le vin à l'instant T de la dégustation sans en apprécier toujours la potentialité.
Voilà qui selon moi pose un véritable problème pour le vin.
En effet, un concours doit normalement récompenser les meilleurs vins de leur appellation, c'est à dire ceux dont les caractéristiques gustatives et olfactives doivent se confirmer et s'accroître dans la durée.
Or depuis quelques années maintenant, les vins issus de la technique de thermovinification (vendange chauffée à environ 70°C avant d'être vinifiée) rencontrent de réels succès dans les concours, en particulier à Paris, et trustent ainsi les palmarès. Alors, c'est donc ce qu'il faut faire, puisque le consommateur à toujours raison!
Mais les consommateurs ne seraient-ils pas en train de tromper les acheteurs futurs du vin médaillé?
Je m'explique.
Le vin est quoi qu'on en pense un produit très technique, fruit de nombreuses opérations qui en déterminent les arômes et le goût. Le vin est une oeuvre profondément humaine.
Il est une technique mise au point dans les années 60 pour des vins de grande consommation : la thermovinification, qui se répand désormais comme la rumeur sur Facebook. Elle consiste à chauffer la vendange fraîchement récoltée à près de 70 °C puis à conduire la vinification. Cette technique a été initialement prévue pour traiter de la vendange insuffisamment mûre ou pourrie.
Or, elle permet d'obtenir des vins très flatteur, de type primeur, au nez (Beaujolais primeur) en éliminant les arômes verts des vendanges pas assez mûres. De même, elle permet d'obtenir des vins très ronds et souples en bouche et une saveur intense de fruit. Les vins élaborés avec cette technique connaissent une succès croissant auprès des fameux consommateurs rois, et ils trustent donc les palmarès des concours, comme celui de Paris 2016.
Mais, alors que les mêmes consommateurs, ou ceux qui parlent en leur nom, revendiquent des vins respectueux de leur origine, peu consommateurs d'intrants et de technique, ces vins 2.0 sont tout le contraire. Tout d'abord, parce que la thermovinification nivelle les qualités et homogénéisent les styles. Ainsi, un merlot de Bordeaux, de Béziers, du Chili ou d'Espagne vinifiés de la sorte se ressembleront comme 2 gouttes de vin. D'autre part, les caractéristiques flatteuses de ces vins le sont essentiellement sur les vins jeunes (moins de 1 an). Elles ne persistent en effet pas dans le temps.
Or, la majorité pour ne pas dire la totalité des vins médaillés dans les concours ne sont pas encore en bouteille. Ils vont donc encore évoluer. Contrairement aux vins vinifiés de manière traditionnelle, les vins thermovinifiés voient leur qualités de jeunesse diminuer sans être potentialiser par le temps. Mais il faut connaître le vin pour en mesurer la potentialité de bonification avec le temps. La plus grande place réservée aux consommateurs dans les jurys de concours ne permet plus de médailler un vin pour une potentialité, mais on juge le produit à l'instant T.
J'ose affirmer ici, et n'en déplaise à beaucoup, qu'au concours de Paris aujourd'hui ne sont plus en majorité récompensés les vins rouges ayant le meilleur potentiel de vieillissement, y compris même à court terme. Les mêmes consommateurs vont donc se retrouver à acheter des vins médaillés ne possédant plus tout à fait ou plus du tout les qualités pour lesquelles ils ont été récompensés. Le consommateur sera déçu, et incriminera les vins de la région concernée en considérant que les producteurs les ont bernés. Que nenni, le consommateur aura été trompé par d'autres consommateurs incapables de se projeter dans l'avenir et incapables de juger une potentialité.
Et comme les producteurs cherchent quant à eux à plaire aux consommateurs dans les concours, ils utilisent les méthodes qui marchent accélérant ainsi la perte d'identité de leur production et surtout la perte de l'aptitude des vins à vieillir de manière positive en développant finesse aromatique et élégance des tanins.
Si les choses continuent ainsi, tous les vins finiront par se ressembler, et c'est un oenologue qui vous le dit!
La seule différenciation sera alors le marketing ou le prix, et je ne suis pas sûr que les vins français soient équipés pour un tel combat.
Alors ne donnons pas aux consommateurs un pouvoir de jugement qu'ils ne sont pas tous capables d'avoir, pour le bien du consommateur lui même. Sinon, nous finirons tous schizophrènes à faire le contraire de ce que nous pensons être bien pour les consommateurs.
Comme chaque année, il y a les heureux, les surpris et les déçus. Ce concours est le plus réputé de part son antériorité et du fait qu'il s'enorgueilli d'avoir parmi ses jurés une large palette de consommateurs, et que ces résultats sont donc représentatif des goûts des consommateurs, que l'on oppose parfois à ceux des professionnels.
A la lecture du palmarès pour l'appellation Bordeaux, et quand l'on connaît le dessous des cartes il est à noté certains enseignements.
Notre société ultra connectée, gage de démocratie directe dit-on, considère les avis des consommateurs d'un produit ou des utilisateurs d'un service comme vérité intangible ferme et définitive. Selon cette logique, le palmarès du concours général agricole 2016 vaut donc vérité du goût des consommateurs en 2016. Soit.
Cependant, en tant qu'expert, ou professionnel de la dégustation, je vois une évolution depuis maintenant une décennie. A l'initiative des organisateurs de concours, une part de plus en plus large est faite aux amateurs (éclairés?) dans les jury, alors qu'auparavant il fallait justifier d'une expérience en dégustation pour postuler. J'ai ainsi participé, et continue à le faire quand cela est possible à des jury de concours. Force est de constater que si certains amateurs dégustent très bien et possèdent un goût sûr et affirmé, d'autres jugent plus le vin à l'instant T de la dégustation sans en apprécier toujours la potentialité.
Voilà qui selon moi pose un véritable problème pour le vin.
En effet, un concours doit normalement récompenser les meilleurs vins de leur appellation, c'est à dire ceux dont les caractéristiques gustatives et olfactives doivent se confirmer et s'accroître dans la durée.
Or depuis quelques années maintenant, les vins issus de la technique de thermovinification (vendange chauffée à environ 70°C avant d'être vinifiée) rencontrent de réels succès dans les concours, en particulier à Paris, et trustent ainsi les palmarès. Alors, c'est donc ce qu'il faut faire, puisque le consommateur à toujours raison!
Mais les consommateurs ne seraient-ils pas en train de tromper les acheteurs futurs du vin médaillé?
Je m'explique.
Le vin est quoi qu'on en pense un produit très technique, fruit de nombreuses opérations qui en déterminent les arômes et le goût. Le vin est une oeuvre profondément humaine.
Il est une technique mise au point dans les années 60 pour des vins de grande consommation : la thermovinification, qui se répand désormais comme la rumeur sur Facebook. Elle consiste à chauffer la vendange fraîchement récoltée à près de 70 °C puis à conduire la vinification. Cette technique a été initialement prévue pour traiter de la vendange insuffisamment mûre ou pourrie.
Or, elle permet d'obtenir des vins très flatteur, de type primeur, au nez (Beaujolais primeur) en éliminant les arômes verts des vendanges pas assez mûres. De même, elle permet d'obtenir des vins très ronds et souples en bouche et une saveur intense de fruit. Les vins élaborés avec cette technique connaissent une succès croissant auprès des fameux consommateurs rois, et ils trustent donc les palmarès des concours, comme celui de Paris 2016.
Mais, alors que les mêmes consommateurs, ou ceux qui parlent en leur nom, revendiquent des vins respectueux de leur origine, peu consommateurs d'intrants et de technique, ces vins 2.0 sont tout le contraire. Tout d'abord, parce que la thermovinification nivelle les qualités et homogénéisent les styles. Ainsi, un merlot de Bordeaux, de Béziers, du Chili ou d'Espagne vinifiés de la sorte se ressembleront comme 2 gouttes de vin. D'autre part, les caractéristiques flatteuses de ces vins le sont essentiellement sur les vins jeunes (moins de 1 an). Elles ne persistent en effet pas dans le temps.
Or, la majorité pour ne pas dire la totalité des vins médaillés dans les concours ne sont pas encore en bouteille. Ils vont donc encore évoluer. Contrairement aux vins vinifiés de manière traditionnelle, les vins thermovinifiés voient leur qualités de jeunesse diminuer sans être potentialiser par le temps. Mais il faut connaître le vin pour en mesurer la potentialité de bonification avec le temps. La plus grande place réservée aux consommateurs dans les jurys de concours ne permet plus de médailler un vin pour une potentialité, mais on juge le produit à l'instant T.
J'ose affirmer ici, et n'en déplaise à beaucoup, qu'au concours de Paris aujourd'hui ne sont plus en majorité récompensés les vins rouges ayant le meilleur potentiel de vieillissement, y compris même à court terme. Les mêmes consommateurs vont donc se retrouver à acheter des vins médaillés ne possédant plus tout à fait ou plus du tout les qualités pour lesquelles ils ont été récompensés. Le consommateur sera déçu, et incriminera les vins de la région concernée en considérant que les producteurs les ont bernés. Que nenni, le consommateur aura été trompé par d'autres consommateurs incapables de se projeter dans l'avenir et incapables de juger une potentialité.
Et comme les producteurs cherchent quant à eux à plaire aux consommateurs dans les concours, ils utilisent les méthodes qui marchent accélérant ainsi la perte d'identité de leur production et surtout la perte de l'aptitude des vins à vieillir de manière positive en développant finesse aromatique et élégance des tanins.
Si les choses continuent ainsi, tous les vins finiront par se ressembler, et c'est un oenologue qui vous le dit!
La seule différenciation sera alors le marketing ou le prix, et je ne suis pas sûr que les vins français soient équipés pour un tel combat.
Alors ne donnons pas aux consommateurs un pouvoir de jugement qu'ils ne sont pas tous capables d'avoir, pour le bien du consommateur lui même. Sinon, nous finirons tous schizophrènes à faire le contraire de ce que nous pensons être bien pour les consommateurs.
mardi 21 juillet 2015
Le mystère du vin bio
Je reprends mon clavier en ce moment estival pour vous narrer une énigme : "le mystère du vin bio".
Alors, évidement on ne peut appréhender toute chose que de son propre point de vue et à travers sa propre expérience.
Je ne revendique donc pas tout connaître sur le vin bio, et mon opinion se nourrit d'une expérience essentiellement bordelaise.
On n'a jamais autant parlé des vins bio depuis ces dernières années. En 2008, une politique volontariste exprimée dans le Grenelle de l'environnement par monsieur Borloo fixait le cap vers une augmentation des surfaces viticoles cultivées en "bio". Des professionnels se sont engagés avec foi dans cette voie, forts aidés par deux années 2009 et 2010 à la climatologie favorable. Il faut trois années dites de conversion avant de pouvoir afficher fièrement sur ses bouteilles le logo Bio.
En 2012, alors que jusque là le vin était issu de l'agriculture biologique, il est devenu bio lui-même, subtilité qui a d'ailleurs plus générée de confusion dans l'esprit du consommateur qui croyait jusque là boire du vin bio. Mais bon, passons ces subtilités administratives et saluons un élan citoyen de ceux qui ont décidé de franchir le pas.
Oui mais voilà, il est du bio comme de tout le reste, si on veut bien vivre de sa production, il faut que celle-ci trouve des consommateurs prêts à payer un prix équitable.
Et c'est là que le mystère du vin bio s'épaissit. Avant 2008, les cours du vrac du vin bio étaient en moyenne au moins 50% plus cher que celui du vin dit conventionnel. Il faut savoir que cultiver des vignes en bio revient entre 10 et 30% plus cher qu'en agriculture raisonnée. Mais l'augmentation, bien que raisonnable, de la production de vin bio a entraîné une baisse des cours qui sont aujourd'hui sensiblement équivalent aux autres vins. Vous avez donc compris, produire bio coûtant plus cher,la marge du producteur s'en voit réduite comme peau de chagrin. Alors qu'on ne voit pas une semaine sans une dénonciation de l'utilisation de pesticides de synthèse en viticulture, dans le même temps, on explique aux producteurs qu'il n'y a pas de marché pour les vins bio, et que donc on ne peut leur acheter plus cher que les autres.???? Mystère, vous avez dit mystère. Il y a bien un mystère dans ce paradoxe. Problème de qualité, dirons certains, les vins bio sont moins bons que les autres. C'était sans doute vrai il y a 20 ans, mais aujourd'hui, je mets au défi quiconque de faire la différence à l'aveugle entre un vin bio et un vin dit conventionnel. Objection réfutée votre honneur, il va falloir trouver autre chose.
Les gens veulent du bio, les gens veulent du bon, mais ils veulent soit-disant du pas cher.
Or, tous ceux qui vendent en direct vendent plus facilement leurs vins les plus chers. L'argument du low cost n'est donc pas valable. Alors, poker menteur entre production et distribution, certainement comme toujours, où c'est à celui qui aura la meilleure marge qui gagne. Mais le dindon de la farce, c'est bien le consommateur dans tout cela.
Ce que je vais dire me vaudra peut-être un procès en diffamation mais il se murmure tout bas entre négociants et producteurs que non, il n'y a pas de marché pour le bio, mais que bon on veut bien vous l'acheter quand même, au même prix que les autres vins, pour vous rendre service mais on se fout de la certification et donc du logo qui va avec. Il se rajoute même que ces lots de vins bio en vrac sont assemblés avec des vins conventionnels issus d'une partie de la viticulture non raisonnée pour... je vous laisse deviner, réduire les taux de certains résidus de pesticides dans les marques distributeurs ou de négociants. Et oui, le grand avantage du vin c'est que ça se mélange bien! Il y a donc un marché pour le bio, mais le consommateur ne la sais pas puisque les vins bio qu'il consomme sont assemblés avec d'autres vins, ce qui empêche ainsi l'utilisation du logo identifiable.
Alors elle est pas belle la vie? Allez, santé, si je peux m'exprimer ainsi, les "bios" travaillent pour cela.
Alors, évidement on ne peut appréhender toute chose que de son propre point de vue et à travers sa propre expérience.
Je ne revendique donc pas tout connaître sur le vin bio, et mon opinion se nourrit d'une expérience essentiellement bordelaise.
On n'a jamais autant parlé des vins bio depuis ces dernières années. En 2008, une politique volontariste exprimée dans le Grenelle de l'environnement par monsieur Borloo fixait le cap vers une augmentation des surfaces viticoles cultivées en "bio". Des professionnels se sont engagés avec foi dans cette voie, forts aidés par deux années 2009 et 2010 à la climatologie favorable. Il faut trois années dites de conversion avant de pouvoir afficher fièrement sur ses bouteilles le logo Bio.
En 2012, alors que jusque là le vin était issu de l'agriculture biologique, il est devenu bio lui-même, subtilité qui a d'ailleurs plus générée de confusion dans l'esprit du consommateur qui croyait jusque là boire du vin bio. Mais bon, passons ces subtilités administratives et saluons un élan citoyen de ceux qui ont décidé de franchir le pas.
Oui mais voilà, il est du bio comme de tout le reste, si on veut bien vivre de sa production, il faut que celle-ci trouve des consommateurs prêts à payer un prix équitable.
Et c'est là que le mystère du vin bio s'épaissit. Avant 2008, les cours du vrac du vin bio étaient en moyenne au moins 50% plus cher que celui du vin dit conventionnel. Il faut savoir que cultiver des vignes en bio revient entre 10 et 30% plus cher qu'en agriculture raisonnée. Mais l'augmentation, bien que raisonnable, de la production de vin bio a entraîné une baisse des cours qui sont aujourd'hui sensiblement équivalent aux autres vins. Vous avez donc compris, produire bio coûtant plus cher,la marge du producteur s'en voit réduite comme peau de chagrin. Alors qu'on ne voit pas une semaine sans une dénonciation de l'utilisation de pesticides de synthèse en viticulture, dans le même temps, on explique aux producteurs qu'il n'y a pas de marché pour les vins bio, et que donc on ne peut leur acheter plus cher que les autres.???? Mystère, vous avez dit mystère. Il y a bien un mystère dans ce paradoxe. Problème de qualité, dirons certains, les vins bio sont moins bons que les autres. C'était sans doute vrai il y a 20 ans, mais aujourd'hui, je mets au défi quiconque de faire la différence à l'aveugle entre un vin bio et un vin dit conventionnel. Objection réfutée votre honneur, il va falloir trouver autre chose.
Les gens veulent du bio, les gens veulent du bon, mais ils veulent soit-disant du pas cher.
Or, tous ceux qui vendent en direct vendent plus facilement leurs vins les plus chers. L'argument du low cost n'est donc pas valable. Alors, poker menteur entre production et distribution, certainement comme toujours, où c'est à celui qui aura la meilleure marge qui gagne. Mais le dindon de la farce, c'est bien le consommateur dans tout cela.
Ce que je vais dire me vaudra peut-être un procès en diffamation mais il se murmure tout bas entre négociants et producteurs que non, il n'y a pas de marché pour le bio, mais que bon on veut bien vous l'acheter quand même, au même prix que les autres vins, pour vous rendre service mais on se fout de la certification et donc du logo qui va avec. Il se rajoute même que ces lots de vins bio en vrac sont assemblés avec des vins conventionnels issus d'une partie de la viticulture non raisonnée pour... je vous laisse deviner, réduire les taux de certains résidus de pesticides dans les marques distributeurs ou de négociants. Et oui, le grand avantage du vin c'est que ça se mélange bien! Il y a donc un marché pour le bio, mais le consommateur ne la sais pas puisque les vins bio qu'il consomme sont assemblés avec d'autres vins, ce qui empêche ainsi l'utilisation du logo identifiable.
Alors elle est pas belle la vie? Allez, santé, si je peux m'exprimer ainsi, les "bios" travaillent pour cela.
mercredi 8 octobre 2014
Isabelle Saporta : Vino tristesse
Le vin a un privilège, il fait parler de lui, tout le monde a son avis sur la question, surtout en France.
Le dernier opus en date a été diffusé hier soir sur France 3.
Que penser de cette vision du monde du vin dans le bordelais et en bourgogne? Je vous avoue, je n'en sais rien. Je connais tous les protagonistes présents dans ce documentaire, je ne peux donc imaginer comment ce film a pu être reçu par le français moyen qui ne connaît ni les tenants ni les aboutissants de ce petit monde.
Pour ma part, je peux en démonter les contre vérités et les petites manipulations.
Si les personnages présentés dans ce film sont tous bien réels, la réalisatrice leur a assigné des rôles télégéniques pas toujours en prise avec la réalité.
Quant aux investisseurs qui s'accapareraient à prix d'or le foncier au détriment des gentils autochtones, s'est un fait. Mais regardons plus loin que le bout de notre nez, ou de nos idées politiques. Le premier danger qui menace nos terroirs aujourd'hui est la pression foncière des villes. Dans les appellations où le foncier viticole n'a pas atteint les prix de Pomerol, nos meilleurs terroirs partent en terrains à bâtir. Ceci à moins de 15 km de Pomerol, j'aurais aimé que dans sa défense d'une viticulture de tradition, madame Saporta dénonce ce fait, cette disparition de nos terroirs pour faire des lotissements sans aucun caractère.
Et même, elle aurait pu se réjouir que les prix du foncier à Pomerol soit aussi élevé, protégeant là même ces terroirs de la spéculation immobilière de la ville de Libourne toute proche. Et je peux affirmer ici que si l'ha de Pomerol était au même prix que celui de l'Entre deux Mers, l'appellation aurait perdu 30% de ses surfaces depuis 2000.
Egalement comment juger la manière dont est présenté l'art de l'assemblage à Bordeaux comme de l'alchimie. C'est de l'ignorance madame Saporta, à Bordeaux depuis les origines, les vins de châteaux sont issus d'assemblages de plusieurs cépages. Cela est parfaitement légal et ne relève d'aucune manipulation mais de l'histoire séculaire bordelaise. Alors la moindre des choses pour une enquêtrice est de se documenter. En bourgogne, par contre, chaque clos ou cru est bien issu d'un seul cépage non assemblé. Mais les cultures bordelaises et bourguignonnes sont différentes.
Enfin, madame Saporta se veut défendre les petits, les sans grades. En 2013, un cataclysme s'est abattu sur le vignoble bordelais à moins de 10 km des endroits arpentés par l'équipe de madame Saporta : la grêle. Elle aurait alors pu faire quelques kilomètres pour aller se rendre compte de la dure réalité de la viticulture, et sortir d'une vision romantique passéiste parisienne.
Elle aurait vu des vignerons pleurer, comme je l'ai vu, devant leurs vignes ravagées, se demandant comment ils allaient s'en sortir. Mais non, madame Saporta préfère poursuivre son idée : dénoncer une culture polluante qui abuse de produits phytosanitaires, jetant l'opprobe sur toute une filière qui génère 2 milliards d'euros de balance positive pour notre balance commerciale. Pourquoi par là même ne pas dénoncer aussi la pollution générée par nos Airbus, qui rapportent autant au pays que le vin.
Mais ces bons sentiments de protection du consommateurs oublient une réalité essentielle mais évidemment inconnue de ceux qui ne connaissent pas les réalités du travail de la vigne : la grande difficulté de trouver des ouvriers viticoles dans un pays qui connait pourtant plus de 10% de chômage. Car oui, madame, et malgré toute la bonne volonté des vignerons qui voudraient se passer de pesticides en viticulture bio, il est aujourd'hui très difficile de trouver des gens qui acceptent de revenir aux pratiques que vous jugez comme un retour rêvé à la tradition. Sans compter qu'il faut aussi expliquer aux consommateurs que s'ils veulent des vins plus respectueux de l'environnement, il va falloir qu'ils acceptent de les payer un peu plus chers que les 3.5 euros, prix moyen d'une bouteille à Bordeaux.
Alors madame, quand on s'attaque à un sujet, il vaut mieux le potasser avant de se laisser guider par des intérêts particuliers, aussi louables soient-ils. Et au lieu de caricaturer l'utilisation des pesticides, vous seriez plus utile en posant intelligemment les enjeux de société et économiques. D'ailleurs cela concerne plus généralement l'agriculture, comme vous l'avez d'ailleurs dénoncé par ailleurs. Mais au final, cela coûtera plus cher au consommateur.
Pour conclure, je citerai Coluche qui dans un de ces sketchs disait :"Alors, comme ça, on nous explique que les bons c'est les pauvres et les méchants c'est les riches? Et pourtant tout le monde veut devenir méchant!"
Allez, encore un effort d'intelligence pédagogique madame, et vos combats seront réellement utiles à nos sociétés, mais pour cela il faut savoir sortir du manichéisme politiquement orienté.
Après Mondovino, je dois vous avouer que j'en ai marre de voir le vin utilisé à des fins de démonstrations politiques plus ou moins fumeuses, le vin mérite bien mieux. Le monde du vin n'est ni plus, ni moins que le reflet de notre société avec ses excès et ses travers. Votre démonstration sociale et politique pourrait tout autant marcher avec le fromage ou les légumes. Alors, s'il vous plait, lâcher nous les grappes! Au final d'ailleurs, on se demande si vous n'avez pas fait ce documentaire à de pures fins de promotion personnelle. On peut dire que de ce point de vue là, vous avez réussi votre coup.
Bien à vous.
Le dernier opus en date a été diffusé hier soir sur France 3.
Que penser de cette vision du monde du vin dans le bordelais et en bourgogne? Je vous avoue, je n'en sais rien. Je connais tous les protagonistes présents dans ce documentaire, je ne peux donc imaginer comment ce film a pu être reçu par le français moyen qui ne connaît ni les tenants ni les aboutissants de ce petit monde.
Pour ma part, je peux en démonter les contre vérités et les petites manipulations.
Si les personnages présentés dans ce film sont tous bien réels, la réalisatrice leur a assigné des rôles télégéniques pas toujours en prise avec la réalité.
Quant aux investisseurs qui s'accapareraient à prix d'or le foncier au détriment des gentils autochtones, s'est un fait. Mais regardons plus loin que le bout de notre nez, ou de nos idées politiques. Le premier danger qui menace nos terroirs aujourd'hui est la pression foncière des villes. Dans les appellations où le foncier viticole n'a pas atteint les prix de Pomerol, nos meilleurs terroirs partent en terrains à bâtir. Ceci à moins de 15 km de Pomerol, j'aurais aimé que dans sa défense d'une viticulture de tradition, madame Saporta dénonce ce fait, cette disparition de nos terroirs pour faire des lotissements sans aucun caractère.
Et même, elle aurait pu se réjouir que les prix du foncier à Pomerol soit aussi élevé, protégeant là même ces terroirs de la spéculation immobilière de la ville de Libourne toute proche. Et je peux affirmer ici que si l'ha de Pomerol était au même prix que celui de l'Entre deux Mers, l'appellation aurait perdu 30% de ses surfaces depuis 2000.
Egalement comment juger la manière dont est présenté l'art de l'assemblage à Bordeaux comme de l'alchimie. C'est de l'ignorance madame Saporta, à Bordeaux depuis les origines, les vins de châteaux sont issus d'assemblages de plusieurs cépages. Cela est parfaitement légal et ne relève d'aucune manipulation mais de l'histoire séculaire bordelaise. Alors la moindre des choses pour une enquêtrice est de se documenter. En bourgogne, par contre, chaque clos ou cru est bien issu d'un seul cépage non assemblé. Mais les cultures bordelaises et bourguignonnes sont différentes.
Enfin, madame Saporta se veut défendre les petits, les sans grades. En 2013, un cataclysme s'est abattu sur le vignoble bordelais à moins de 10 km des endroits arpentés par l'équipe de madame Saporta : la grêle. Elle aurait alors pu faire quelques kilomètres pour aller se rendre compte de la dure réalité de la viticulture, et sortir d'une vision romantique passéiste parisienne.
Elle aurait vu des vignerons pleurer, comme je l'ai vu, devant leurs vignes ravagées, se demandant comment ils allaient s'en sortir. Mais non, madame Saporta préfère poursuivre son idée : dénoncer une culture polluante qui abuse de produits phytosanitaires, jetant l'opprobe sur toute une filière qui génère 2 milliards d'euros de balance positive pour notre balance commerciale. Pourquoi par là même ne pas dénoncer aussi la pollution générée par nos Airbus, qui rapportent autant au pays que le vin.
Mais ces bons sentiments de protection du consommateurs oublient une réalité essentielle mais évidemment inconnue de ceux qui ne connaissent pas les réalités du travail de la vigne : la grande difficulté de trouver des ouvriers viticoles dans un pays qui connait pourtant plus de 10% de chômage. Car oui, madame, et malgré toute la bonne volonté des vignerons qui voudraient se passer de pesticides en viticulture bio, il est aujourd'hui très difficile de trouver des gens qui acceptent de revenir aux pratiques que vous jugez comme un retour rêvé à la tradition. Sans compter qu'il faut aussi expliquer aux consommateurs que s'ils veulent des vins plus respectueux de l'environnement, il va falloir qu'ils acceptent de les payer un peu plus chers que les 3.5 euros, prix moyen d'une bouteille à Bordeaux.
Alors madame, quand on s'attaque à un sujet, il vaut mieux le potasser avant de se laisser guider par des intérêts particuliers, aussi louables soient-ils. Et au lieu de caricaturer l'utilisation des pesticides, vous seriez plus utile en posant intelligemment les enjeux de société et économiques. D'ailleurs cela concerne plus généralement l'agriculture, comme vous l'avez d'ailleurs dénoncé par ailleurs. Mais au final, cela coûtera plus cher au consommateur.
Pour conclure, je citerai Coluche qui dans un de ces sketchs disait :"Alors, comme ça, on nous explique que les bons c'est les pauvres et les méchants c'est les riches? Et pourtant tout le monde veut devenir méchant!"
Allez, encore un effort d'intelligence pédagogique madame, et vos combats seront réellement utiles à nos sociétés, mais pour cela il faut savoir sortir du manichéisme politiquement orienté.
Après Mondovino, je dois vous avouer que j'en ai marre de voir le vin utilisé à des fins de démonstrations politiques plus ou moins fumeuses, le vin mérite bien mieux. Le monde du vin n'est ni plus, ni moins que le reflet de notre société avec ses excès et ses travers. Votre démonstration sociale et politique pourrait tout autant marcher avec le fromage ou les légumes. Alors, s'il vous plait, lâcher nous les grappes! Au final d'ailleurs, on se demande si vous n'avez pas fait ce documentaire à de pures fins de promotion personnelle. On peut dire que de ce point de vue là, vous avez réussi votre coup.
Bien à vous.
mercredi 2 avril 2014
2013 : Retour sur terre
Le grand show de la semaine des primeurs se déroule à Bordeaux depuis le .... 1er Avril. Le calendrier est bien coquin.
Mais cette date semble aussi être un must politique, alors remanions, remanions!
Quels enseignements tirer des dégustations des échantillons qui nous sont généreusement servis cette semaine?
Pour ma part, un seul mot me vient à la bouche : retour sur terre.
La décennie qui vient de s'écouler nous avait sans doute fait perdre le sens de certaines réalités terriennes. L'arrivée des financiers dans les vignobles avait accentué cette déconnection avec le réel. Nous avions quitté nos bottes pour des escarpins vernis. Mais voilà, la pluie les a tout crotté et nous voilà planté au milieu de nos parcelles, les pieds dans la boue, sans pouvoir mettre un pied devant l'autre et risquer de glisser et de crotter aussi nos beaux costumes. Métaphore bien sûr.
Mais, en 2013, la nature a pris un malin plaisir à défaire ce que les hommes avaient eu tant de mal à construire. Parmi cela, figurent les hiérarchies savamment établies à coup de relations, d'influences et de notes.
Mais voilà, retour sur terre, dame nature nous rappelle à des réalités qui nous dépassent et à notre devoir d'humilité. Tous les terroirs ne se valent pas, et comme disent les bretons : "c'est bien dans la tempête que l'on juge des qualités du marin".
2013 va donc remettre au centre du jeu les grands terroirs.
Pour cela, la bourgogne a quelques siècles de recul supplémentaires à Bordeaux, et les grands terroirs sont bien à juger les années où la nature ne nous épargne rien. Un peu comme un capitaine dans le gros temps qui ramène son bateau au port, quand les autres vont s'échouer.
Alors, remercions 2013 de nous permettre de remettre certaines choses à leur place.
Encore un peu de patience et d'ici 5 ans nous pourrons remettre certaines pendules à l'heure (d'été).
Patience, patience.
Mais cette date semble aussi être un must politique, alors remanions, remanions!
Quels enseignements tirer des dégustations des échantillons qui nous sont généreusement servis cette semaine?
Pour ma part, un seul mot me vient à la bouche : retour sur terre.
La décennie qui vient de s'écouler nous avait sans doute fait perdre le sens de certaines réalités terriennes. L'arrivée des financiers dans les vignobles avait accentué cette déconnection avec le réel. Nous avions quitté nos bottes pour des escarpins vernis. Mais voilà, la pluie les a tout crotté et nous voilà planté au milieu de nos parcelles, les pieds dans la boue, sans pouvoir mettre un pied devant l'autre et risquer de glisser et de crotter aussi nos beaux costumes. Métaphore bien sûr.
Mais, en 2013, la nature a pris un malin plaisir à défaire ce que les hommes avaient eu tant de mal à construire. Parmi cela, figurent les hiérarchies savamment établies à coup de relations, d'influences et de notes.
Mais voilà, retour sur terre, dame nature nous rappelle à des réalités qui nous dépassent et à notre devoir d'humilité. Tous les terroirs ne se valent pas, et comme disent les bretons : "c'est bien dans la tempête que l'on juge des qualités du marin".
2013 va donc remettre au centre du jeu les grands terroirs.
Pour cela, la bourgogne a quelques siècles de recul supplémentaires à Bordeaux, et les grands terroirs sont bien à juger les années où la nature ne nous épargne rien. Un peu comme un capitaine dans le gros temps qui ramène son bateau au port, quand les autres vont s'échouer.
Alors, remercions 2013 de nous permettre de remettre certaines choses à leur place.
Encore un peu de patience et d'ici 5 ans nous pourrons remettre certaines pendules à l'heure (d'été).
Patience, patience.
mercredi 12 février 2014
Extrait de Rambaud 2012
Les vignobles Mouty viennent de voir l'un de leur vin récompensé et obtenir l'Oscar des Bordeaux.
La cuvée en question est L'Extrait de Rambaud 2012. Cette cuvée plus que confidentielle par le volume a été distinguée parmi plus de 200 candidats au départ.
Evidemment, cela vient récompenser la qualité du travail de toute une équipe et du propriétaire qui a su se donner les moyens de réussir dans un contexte difficile.
Pour bien connaître la propriété depuis plusieurs années, j'ai assisté et même contribué à la naissance de cette cuvée. Depuis sa création, son volume à été multiplié par 10 en moins de 10 ans. Une croissance que même les chinois peuvent nous envier.
Il n'y a pas de hasard à cette réussite. A sa base, il y a une vraie réflexion "marketing" de positionnement du vin et de définition de son goût. Le résultat est là et vient désavouer ceux qui pensent que le marketing est un gros mot dans le monde traditionnel du vin.
Les vignobles Mouty ont une histoire, ils sont encrés dans la tradition bordelaise, cela ne les empêchent pourtant pas d'avoir une vraie démarche marketing ainsi qu'une stratégie commerciale cohérente.
Ces vignerons connaissent parfaitement leurs marchés et leurs clients, et c'est chaque fois un vrai plaisir de travailler les différents assemblages de leurs cuvées. Car, si chacune reflète une origine et donc un terroir, leur style est néanmoins travaillé pour s'intégrer avec cohérence dans une gamme.
La cuvée Extrait de Rambaud est la dernière créée et elle bénéficie au maximum de l'effet de gamme.
Il est donc tout à fait réjouissant que la qualité de cette cuvée ait été aussi reconnue parmi de très nombreux vins de son appellation. Cela permet de démontrer qu'une bonne analyse marketing doublée d'une approche technique adaptée permettent un succès commercial ainsi qu'une reconnaissance qualitative.
Je me réjouis de ce constat car il valide parfaitement le concept de Wine Design décrit dans le "Marketing du goût" et enseigné aujourd'hui en école de commerce et d'oenologie.
L'Extrait de Rambaud 2012 est mis en bouteille ces jours-ci, je vous invite donc à le découvrir dans les prochains mois, avec modération bien sûr.
La cuvée en question est L'Extrait de Rambaud 2012. Cette cuvée plus que confidentielle par le volume a été distinguée parmi plus de 200 candidats au départ.
Evidemment, cela vient récompenser la qualité du travail de toute une équipe et du propriétaire qui a su se donner les moyens de réussir dans un contexte difficile.
Pour bien connaître la propriété depuis plusieurs années, j'ai assisté et même contribué à la naissance de cette cuvée. Depuis sa création, son volume à été multiplié par 10 en moins de 10 ans. Une croissance que même les chinois peuvent nous envier.
Il n'y a pas de hasard à cette réussite. A sa base, il y a une vraie réflexion "marketing" de positionnement du vin et de définition de son goût. Le résultat est là et vient désavouer ceux qui pensent que le marketing est un gros mot dans le monde traditionnel du vin.
Les vignobles Mouty ont une histoire, ils sont encrés dans la tradition bordelaise, cela ne les empêchent pourtant pas d'avoir une vraie démarche marketing ainsi qu'une stratégie commerciale cohérente.
Ces vignerons connaissent parfaitement leurs marchés et leurs clients, et c'est chaque fois un vrai plaisir de travailler les différents assemblages de leurs cuvées. Car, si chacune reflète une origine et donc un terroir, leur style est néanmoins travaillé pour s'intégrer avec cohérence dans une gamme.
La cuvée Extrait de Rambaud est la dernière créée et elle bénéficie au maximum de l'effet de gamme.
Il est donc tout à fait réjouissant que la qualité de cette cuvée ait été aussi reconnue parmi de très nombreux vins de son appellation. Cela permet de démontrer qu'une bonne analyse marketing doublée d'une approche technique adaptée permettent un succès commercial ainsi qu'une reconnaissance qualitative.
Je me réjouis de ce constat car il valide parfaitement le concept de Wine Design décrit dans le "Marketing du goût" et enseigné aujourd'hui en école de commerce et d'oenologie.
L'Extrait de Rambaud 2012 est mis en bouteille ces jours-ci, je vous invite donc à le découvrir dans les prochains mois, avec modération bien sûr.
dimanche 3 novembre 2013
Leçon d'économie
La très sérieuse banque Morgan Stanley prévoit une pénurie de vin dans les années à venir.
Faut-il se réjouir de cela?
Si l'on considère que le prix des matières premières fluctuent en fonction de l'équilibre offre/demande et que les prix montent quand la demande est supérieure à l'offre, alors oui, on peut se réjouir de cela.
Après une décennie de vaches maigres pour les vins d'entrée et de milieu de gamme, voit on enfin le bout du tunnel?
Pas sûr. En effet, les revenus d'une exploitation viticole dépendent du revenu par hectare obtenu en multipliant le prix du litre de vin par le volume produit.
Pour que les prix du litre puissent augmenter, il faut que le pouvoir d'achat des clients augmente dans les mêmes proportions, sinon à pouvoir d'achat constant, les clients achèteront moins de vin avec la même somme, rééquilibrant ainsi offre et demande.
Le seul moyen pour accompagner la demande tout en respectant le pouvoir d'achat des consommateurs est donc d'augmenter les rendements.
Ne rêvons donc pas, le pouvoir d'achat des ménages dans l'ensemble des pays consommateurs n'est et ne sera pas à la hausse, mais bien plutôt à la baisse. La demande croissante de vin ne s'accompagnera donc pas forcément d'une augmentation des prix proposés aux producteurs, elle sera en tout cas limitée et ponctuelle.
Ne pas respecter le principe de réalité nous conduirait donc à un réveil brutal avec perte de nos clients.
L'époque est pourtant favorable à un rééquilibrage du rapport de force en faveur de la production, mais une vision courtermiste serait contre productive pour les producteurs. Attention aux recettes faciles et parfois démagogiques déjà appliquées : distribution de droits de plantation sur des terroirs non adaptés.
Profitons de l'époque pour adapter, au moins à Bordeaux, notre vignoble à ces nouvelles opportunités. Augmentons nos densités de plantation, comme cela est déjà le cas depuis le début des aides à la restructuration, nous pourrons ainsi produire plus par hectare en conservant une qualité minimale nécessaire à nos produits. Les revenus ainsi obtenus par les producteurs augmenteront sans que les clients n'y contribuent.
Attention donc à la tentation du gain immédiat et préférons une vision à moyen terme bien plus payante, surtout dans l'objectif de valorisation de marque.
Profitons de la période qui s'ouvre pour améliorer la valeur de nos marques collectives en consolidant leur position et en évitant la facilité de l'ouverture des vannes à tout va qui nous conduira à terme à une casse certaine de nos vignobles.
Le pire n'est jamais sûr, retenir les leçons du passé ne l'est pas tout autant.
Répondre à l'offre doit donc se faire en augmentant la quantité de vin produite par hectare mais en adaptant nos vignobles par une augmentation des densités de plantation qui nous permettront de maintenir un niveau qualitatif indispensable dans la compétition mondiale.
Le vrai courage politique, c'est dans l'air du temps, serait donc d'accorder des rendements par hectare en fonction des densités de plantation. Mesure difficile à prendre sans doute mais vrai gage de justice et d'égalité des coûts de production et de garanti d'un niveau qualitatif moyen à nos productions mais aussi porteuse de sens sur le long terme.
Faut-il se réjouir de cela?
Si l'on considère que le prix des matières premières fluctuent en fonction de l'équilibre offre/demande et que les prix montent quand la demande est supérieure à l'offre, alors oui, on peut se réjouir de cela.
Après une décennie de vaches maigres pour les vins d'entrée et de milieu de gamme, voit on enfin le bout du tunnel?
Pas sûr. En effet, les revenus d'une exploitation viticole dépendent du revenu par hectare obtenu en multipliant le prix du litre de vin par le volume produit.
Pour que les prix du litre puissent augmenter, il faut que le pouvoir d'achat des clients augmente dans les mêmes proportions, sinon à pouvoir d'achat constant, les clients achèteront moins de vin avec la même somme, rééquilibrant ainsi offre et demande.
Le seul moyen pour accompagner la demande tout en respectant le pouvoir d'achat des consommateurs est donc d'augmenter les rendements.
Ne rêvons donc pas, le pouvoir d'achat des ménages dans l'ensemble des pays consommateurs n'est et ne sera pas à la hausse, mais bien plutôt à la baisse. La demande croissante de vin ne s'accompagnera donc pas forcément d'une augmentation des prix proposés aux producteurs, elle sera en tout cas limitée et ponctuelle.
Ne pas respecter le principe de réalité nous conduirait donc à un réveil brutal avec perte de nos clients.
L'époque est pourtant favorable à un rééquilibrage du rapport de force en faveur de la production, mais une vision courtermiste serait contre productive pour les producteurs. Attention aux recettes faciles et parfois démagogiques déjà appliquées : distribution de droits de plantation sur des terroirs non adaptés.
Profitons de l'époque pour adapter, au moins à Bordeaux, notre vignoble à ces nouvelles opportunités. Augmentons nos densités de plantation, comme cela est déjà le cas depuis le début des aides à la restructuration, nous pourrons ainsi produire plus par hectare en conservant une qualité minimale nécessaire à nos produits. Les revenus ainsi obtenus par les producteurs augmenteront sans que les clients n'y contribuent.
Attention donc à la tentation du gain immédiat et préférons une vision à moyen terme bien plus payante, surtout dans l'objectif de valorisation de marque.
Profitons de la période qui s'ouvre pour améliorer la valeur de nos marques collectives en consolidant leur position et en évitant la facilité de l'ouverture des vannes à tout va qui nous conduira à terme à une casse certaine de nos vignobles.
Le pire n'est jamais sûr, retenir les leçons du passé ne l'est pas tout autant.
Répondre à l'offre doit donc se faire en augmentant la quantité de vin produite par hectare mais en adaptant nos vignobles par une augmentation des densités de plantation qui nous permettront de maintenir un niveau qualitatif indispensable dans la compétition mondiale.
Le vrai courage politique, c'est dans l'air du temps, serait donc d'accorder des rendements par hectare en fonction des densités de plantation. Mesure difficile à prendre sans doute mais vrai gage de justice et d'égalité des coûts de production et de garanti d'un niveau qualitatif moyen à nos productions mais aussi porteuse de sens sur le long terme.
vendredi 18 octobre 2013
On ne prête qu'aux riches....
Plusieurs mois de réserve pour ne pas faire de bavardage et de verbiage inutiles.
Durant ce laps de temps, nous sommes passés d'une promesse à une quasi détresse.
Les gazettes regorgent déjà de commentaires sur le millésime 2013. Mais, on ne prête qu'aux riches.
Un printemps hivernal a amputé sérieusement l'ensemble des productions agricoles de notre pays.
Les tomates ont mûri fin Septembre, les fruits sont peu sucrés et également mûrs avec un mois de retard. Les céréales ne sont pas épargnées. Bref, pour les citadins, le printemps est déjà loin. Ceux, de plus en plus rares, qui en revanche vivent des fruits de la nature, 6 mois après continuent à vivre les conséquences de ce printemps déprimant.
La vigne n'échappe pas à la règle. Rajoutez à cela la grêle durant l'été à Bordeaux, Vouvray ou Pommard puis la pluie en Septembre, et nous voilà parti avec tous les handicaps congénitaux possible en dehors de la gelée de printemps.
Alors comment juger ce 2013?
Comme un individu affublé de tous les dons par dame nature, ou comme un être faible, fragile, portant en lui myopathie ou sclérose en plaque?
Notre 2013 est asthmatique. Ceux qui le jugeront ne devront donc pas l'étalonner dans une finale du 100 mètres des JO, mais porter sur lui le regard bienveillant de parents mesurant chaque jours les infimes progrès de leur enfant chétif.
Si les conditions météorologiques froides et humides n'ont pas handicapé la production de vins dont l'acidité est une des qualités, 2013 n'est pas favorable pour les rouges de garde, fleurons mondiaux de notre viticulture. Mais n'oublions pas les liquoreux qui eux ont profité des conditions humides de Septembre, et seront donc de grande qualité.
Mais ayons une pensée pour tous ceux qui ont perdu tout ou partie de leur récolte en raison d'un orage de grêle.
J'ai eu l'occasion de me rendre dans des vignobles grêlés quelques heures après le passage de l'orage. Même pour moi qui ne possède pas de vignes, ce spectacle prend aux tripes et soulève en nous une émotion très particulière. Voir cette plante ainsi déchiquetée éveille un sentiment de profond gâchis et nous renvoi aux milliers d'heures de travail qu'il a fallu pour en arriver là balayées par quelques minutes de fureur. Cette vision nous renvoi sans doute à la propre fragilité de notre existence.
Alors j'ai une pensée pour les vignerons de Vouvray, de l'Entre 2 Mers, Saint-Emilion, Castillon, Pommard ou Volnay qui ne produiront pas de vin cette année.
Mais amis buveurs n'oubliez pas de vous rappelez quand vous déboucherez une bouteille de 2013 de le juger à l'aune de sa naissance difficile, et considérez qu'il s'agit là d'un petit miracle arrivé jusqu'à vous.
Et rappelez vous qu'en général on ne prête qu'aux riches et que cela n'est pas toujours des plus juste et équitable.
Durant ce laps de temps, nous sommes passés d'une promesse à une quasi détresse.
Les gazettes regorgent déjà de commentaires sur le millésime 2013. Mais, on ne prête qu'aux riches.
Un printemps hivernal a amputé sérieusement l'ensemble des productions agricoles de notre pays.
Les tomates ont mûri fin Septembre, les fruits sont peu sucrés et également mûrs avec un mois de retard. Les céréales ne sont pas épargnées. Bref, pour les citadins, le printemps est déjà loin. Ceux, de plus en plus rares, qui en revanche vivent des fruits de la nature, 6 mois après continuent à vivre les conséquences de ce printemps déprimant.
La vigne n'échappe pas à la règle. Rajoutez à cela la grêle durant l'été à Bordeaux, Vouvray ou Pommard puis la pluie en Septembre, et nous voilà parti avec tous les handicaps congénitaux possible en dehors de la gelée de printemps.
Alors comment juger ce 2013?
Comme un individu affublé de tous les dons par dame nature, ou comme un être faible, fragile, portant en lui myopathie ou sclérose en plaque?
Notre 2013 est asthmatique. Ceux qui le jugeront ne devront donc pas l'étalonner dans une finale du 100 mètres des JO, mais porter sur lui le regard bienveillant de parents mesurant chaque jours les infimes progrès de leur enfant chétif.
Si les conditions météorologiques froides et humides n'ont pas handicapé la production de vins dont l'acidité est une des qualités, 2013 n'est pas favorable pour les rouges de garde, fleurons mondiaux de notre viticulture. Mais n'oublions pas les liquoreux qui eux ont profité des conditions humides de Septembre, et seront donc de grande qualité.
Mais ayons une pensée pour tous ceux qui ont perdu tout ou partie de leur récolte en raison d'un orage de grêle.
J'ai eu l'occasion de me rendre dans des vignobles grêlés quelques heures après le passage de l'orage. Même pour moi qui ne possède pas de vignes, ce spectacle prend aux tripes et soulève en nous une émotion très particulière. Voir cette plante ainsi déchiquetée éveille un sentiment de profond gâchis et nous renvoi aux milliers d'heures de travail qu'il a fallu pour en arriver là balayées par quelques minutes de fureur. Cette vision nous renvoi sans doute à la propre fragilité de notre existence.
Alors j'ai une pensée pour les vignerons de Vouvray, de l'Entre 2 Mers, Saint-Emilion, Castillon, Pommard ou Volnay qui ne produiront pas de vin cette année.
Mais amis buveurs n'oubliez pas de vous rappelez quand vous déboucherez une bouteille de 2013 de le juger à l'aune de sa naissance difficile, et considérez qu'il s'agit là d'un petit miracle arrivé jusqu'à vous.
Et rappelez vous qu'en général on ne prête qu'aux riches et que cela n'est pas toujours des plus juste et équitable.
samedi 18 mai 2013
Vins pour le plaisir des sens bis
Le verdict du concours de Bordeaux vient de tomber. Oh, ces conséquences ne sont pas aussi importantes qu'une note supérieure à 95 sur 100 dans le fameux guide Parker, mais dites vous que vous pourrez au moins apprécier ces vins, si vous le souhaitez. Les retombées pour les vignerons qui sont recompensés sont toutefois importantes sur le plan économique.
Je voulais toutefois féliciter ceux qui m'ont accordé leur confiance et dont le travail est récompensé pour leur millésime 2012 ou 2011 :
Château Tour de Miot - bordeaux rouge, Château Bel Air la Perrière -bordeaux rouge, Château Le Coin - bordeaux rouge, Château le Coin : bordeaux rosé, Château Jean Larc - bordeaux rouge, Château Lhorens - bordeaux rouge, Château Roc de Pellebouc - bordeaux rouge, Château Reindent - bordeaux supérieur rouge, Château Picoron - Castillon côtes de Bordeaux, Château Haut Saint Pey - bordeaux rouge, Château Fleur Gullibot, bordeaux rouge, Château Lamartine - Castillon côtes de Bordeaux, Château de Pellebouc - bordeaux blanc, Château Rauzan Despagne - Entre 2 Mers, Château Tour de Mirambeau - bordeaux blanc, Château Lion Beaulieu - bordeaux blanc et Château Bel Air Perponchet - Entre 2 Mers.
On compte 24 médailles, 11 en or, 9 en argent et 4 en bronze.
Alors n'hésitez pas à vous en procurer, ces bouteilles enrichiront votre palais sans ruiner votre compte en banque.
Je voulais toutefois féliciter ceux qui m'ont accordé leur confiance et dont le travail est récompensé pour leur millésime 2012 ou 2011 :
Château Tour de Miot - bordeaux rouge, Château Bel Air la Perrière -bordeaux rouge, Château Le Coin - bordeaux rouge, Château le Coin : bordeaux rosé, Château Jean Larc - bordeaux rouge, Château Lhorens - bordeaux rouge, Château Roc de Pellebouc - bordeaux rouge, Château Reindent - bordeaux supérieur rouge, Château Picoron - Castillon côtes de Bordeaux, Château Haut Saint Pey - bordeaux rouge, Château Fleur Gullibot, bordeaux rouge, Château Lamartine - Castillon côtes de Bordeaux, Château de Pellebouc - bordeaux blanc, Château Rauzan Despagne - Entre 2 Mers, Château Tour de Mirambeau - bordeaux blanc, Château Lion Beaulieu - bordeaux blanc et Château Bel Air Perponchet - Entre 2 Mers.
On compte 24 médailles, 11 en or, 9 en argent et 4 en bronze.
Alors n'hésitez pas à vous en procurer, ces bouteilles enrichiront votre palais sans ruiner votre compte en banque.
vendredi 17 mai 2013
Vins pour le plaisir des sens et non pour la spéculation
Jacques Dupont vient de rendre son verdict du millésime 2012 à Bordeaux.
J'aime le travail de cet homme que je ne connais pas. Et pour revenir à l'article précédent, il travaille pour les "vrais gens", la "vraie vie" et non pour des lignes de comptes dans les banques internationales.
Parmi sa sélection, je vous recommande pour bien les connaître les crus suivants :
- Château Lapinesse à Sauternes
- Château Du Barry à Saint Emilion
- Château Pontet Fumet à Saint Emilion
- Château Grand Beauséjour à Pomerol
- Château Rauzan-Despagne et Tour de Mirambeau en Bordeaux
- Château Bertin à Lussac
- Lucaniacus à Lalande de Pomerol
- Château Thieuley en Bordeaux
- Lynsolence en Saint Emilion
- Château Fontbaude à Castillon
- Château Trapaud à Saint Emilion
Tous ces vins sont élaborés pour être bus, sans modération. Et sur l'échelle de Richter du ratio prix/plaisir ils se situent tous entre 96 et 100 sur 100 d'une notation Parkerisée.
A bons buveurs, salut!
J'aime le travail de cet homme que je ne connais pas. Et pour revenir à l'article précédent, il travaille pour les "vrais gens", la "vraie vie" et non pour des lignes de comptes dans les banques internationales.
Parmi sa sélection, je vous recommande pour bien les connaître les crus suivants :
- Château Lapinesse à Sauternes
- Château Du Barry à Saint Emilion
- Château Pontet Fumet à Saint Emilion
- Château Grand Beauséjour à Pomerol
- Château Rauzan-Despagne et Tour de Mirambeau en Bordeaux
- Château Bertin à Lussac
- Lucaniacus à Lalande de Pomerol
- Château Thieuley en Bordeaux
- Lynsolence en Saint Emilion
- Château Fontbaude à Castillon
- Château Trapaud à Saint Emilion
Tous ces vins sont élaborés pour être bus, sans modération. Et sur l'échelle de Richter du ratio prix/plaisir ils se situent tous entre 96 et 100 sur 100 d'une notation Parkerisée.
A bons buveurs, salut!
Agence de notation et nouvelle utopie
Robert Parker fait la couverture du magazine Terre de Vins et dit tout.
Je vous renvois à mon article "un classement pour l'histoire" sur le nouveau classement de Saint Emilion.
J'y constatais l'entrée de la logique financière dans le marché des crus classés. Même fonctionnement : agences de notation, spéculation, bulle. Tout cela nous écarte bien du terroir, qui devait être à l'origine le juge de paix de classification des vins . Mais il est vrai que la valeur pécunière d'un vin est bien plus facile à classer que sa qualité, sa finesse, sa typicité, valeurs bien plus subjectives qu'un simple prix.
La lecture de l'interview de monsieur Parker conforte mon analyse. Il y explique en effet la vente de sa lettre "The Wine Advocate" à une société de Singapour. Il décrit les acquéreurs de sa lettre de la façon suivante : "Ces investisseurs ne sont pas impliqués dans le marché du vin mais tous sont impliqués dans la finance internationale et sont soit propriétaires, soit actionnaires majoritaires dans le secteur des activités de banque et/ou d'investissement."
Je crois qu'il n'y a rien à rajouter, tout est dit et confirme mon analyse du classement de Saint Emilion. Ce choix de monsieur Parker confirme bien qu'il a créé la plus grande agence de notation du monde du vin.
Attention, il n'y a aucun jugement de valeur dans ce constat. Mais quand on voit les effets de la finance dans d'autres secteurs d'activité, on est en droit de se poser quelques questions sur les conséquences à moyen terme de la vente de la lettre de monsieur Parker à ce monde là. Regardons les conséquences de l'apparition des paris sportifs sur le comportement de certains d'entre eux. La tentation de gains mirobolants perverti parfois les éthiques les plus pures.
Monsieur Parker réarffirme dans son interview sa rigueur morale et son indépendance vis à vis des puissances d'argent. Je pense qu'il est sincère, mais qu'en sera t-il après lui des personnes qui lui succèderont?
Certains vins sont devenus des placements financiers, et il existe aujourd'hui des bureaux qui vous proposent de gérer votre argent en placement vin. En tant qu'amateur de vin, cela m'inquiète pour ma capacité future à pouvoir accéder aux meilleurs de nos crus, qui ne seront que des lignes dans les bourses mondiales que l'on achètera ou vendra au gré de leurs cours, mais que l'on ne boira plus. Il s'agit en quelque sorte d'une confisquation de nos meilleurs terroirs. Pour ceux qui pensaient qu'ils n'étaient pas délocalisables, c'est en partie faux.
Ne faudrait-il pas confier la hiérarchisation des crus à la monastique, comme le firent en leur temps les moines bourguignons, plutôt qu'à la haute finance internationale? Utopie bien sûr.
Mais, heureusement, il existe encore des vignerons dont la raison de vivre est de s'occuper de leurs vignes et de sa production. Ils n'intéressent pas la haute finance car leurs vins ne sont pas spéculatifs. C'est une bonne nouvelle, ils nous restent ainsi accessibles.
Je vous renvois à mon article "un classement pour l'histoire" sur le nouveau classement de Saint Emilion.
J'y constatais l'entrée de la logique financière dans le marché des crus classés. Même fonctionnement : agences de notation, spéculation, bulle. Tout cela nous écarte bien du terroir, qui devait être à l'origine le juge de paix de classification des vins . Mais il est vrai que la valeur pécunière d'un vin est bien plus facile à classer que sa qualité, sa finesse, sa typicité, valeurs bien plus subjectives qu'un simple prix.
La lecture de l'interview de monsieur Parker conforte mon analyse. Il y explique en effet la vente de sa lettre "The Wine Advocate" à une société de Singapour. Il décrit les acquéreurs de sa lettre de la façon suivante : "Ces investisseurs ne sont pas impliqués dans le marché du vin mais tous sont impliqués dans la finance internationale et sont soit propriétaires, soit actionnaires majoritaires dans le secteur des activités de banque et/ou d'investissement."
Je crois qu'il n'y a rien à rajouter, tout est dit et confirme mon analyse du classement de Saint Emilion. Ce choix de monsieur Parker confirme bien qu'il a créé la plus grande agence de notation du monde du vin.
Attention, il n'y a aucun jugement de valeur dans ce constat. Mais quand on voit les effets de la finance dans d'autres secteurs d'activité, on est en droit de se poser quelques questions sur les conséquences à moyen terme de la vente de la lettre de monsieur Parker à ce monde là. Regardons les conséquences de l'apparition des paris sportifs sur le comportement de certains d'entre eux. La tentation de gains mirobolants perverti parfois les éthiques les plus pures.
Monsieur Parker réarffirme dans son interview sa rigueur morale et son indépendance vis à vis des puissances d'argent. Je pense qu'il est sincère, mais qu'en sera t-il après lui des personnes qui lui succèderont?
Certains vins sont devenus des placements financiers, et il existe aujourd'hui des bureaux qui vous proposent de gérer votre argent en placement vin. En tant qu'amateur de vin, cela m'inquiète pour ma capacité future à pouvoir accéder aux meilleurs de nos crus, qui ne seront que des lignes dans les bourses mondiales que l'on achètera ou vendra au gré de leurs cours, mais que l'on ne boira plus. Il s'agit en quelque sorte d'une confisquation de nos meilleurs terroirs. Pour ceux qui pensaient qu'ils n'étaient pas délocalisables, c'est en partie faux.
Ne faudrait-il pas confier la hiérarchisation des crus à la monastique, comme le firent en leur temps les moines bourguignons, plutôt qu'à la haute finance internationale? Utopie bien sûr.
Mais, heureusement, il existe encore des vignerons dont la raison de vivre est de s'occuper de leurs vignes et de sa production. Ils n'intéressent pas la haute finance car leurs vins ne sont pas spéculatifs. C'est une bonne nouvelle, ils nous restent ainsi accessibles.
mercredi 1 mai 2013
Primeurs
Après un long hiver, le printemps est de retour. La vigne repart pour un nouveau cycle que nous espérons prometteur. Mais, alors que nos attenes sont grandes pour le futur millésime, il faut se préoccuper de la vente du millésime en cours.
Pour cela, les professionnels bordelais ont mis en place une machine efficace et bien huilée : "les primeurs".
Le principe est simple : présenter la qualité du millésime aux acheteurs potentiels.
A l'oirigine, ce principe était réservé aux grands crus et aux "étiquettes" vendues en primeur. Aujourd'hui, tout le monde y va de sa présentation : syndicats interprofessionnels, groupes de producteurs divers (bio, biodynamiques, chartes de qualité, etc....). On a vu ainsi se développer un grand nombre "d'écuries", présentant leur membres. Mais il est un phénomène qui m'interpelle, celui des regroupements de clients de tel ou tel faiseur ou laboratoire. L'idée est louable pour ceux qui font ainsi savoir leur savoir faire. Mais on peut quand même se demander si nous ne sommes pas en train d'inverser les choses en mettant en avant le conseil plus que le producteur.
On peut imaginer ainsi demain que les résultats aux concours soient aussi rendus non pas en nommant le château, mais en nommant son conseil.
Suivant la même logique, pourquoi ne pas rendre les résultats aux examens en classant les listes par noms des professeur, celui des élèves devenant secondaire?
On peut penser que les professeurs ont une part importante dans la réussite de leurs élèves, mais au final, ce sont tout de même ces derniers qui travaillent et passent l'examen.
Mais le monde du vin a ses petites particularités et ses crises d'ego à nul autre pareil, cela en fait son charme.
Pour cela, les professionnels bordelais ont mis en place une machine efficace et bien huilée : "les primeurs".
Le principe est simple : présenter la qualité du millésime aux acheteurs potentiels.
A l'oirigine, ce principe était réservé aux grands crus et aux "étiquettes" vendues en primeur. Aujourd'hui, tout le monde y va de sa présentation : syndicats interprofessionnels, groupes de producteurs divers (bio, biodynamiques, chartes de qualité, etc....). On a vu ainsi se développer un grand nombre "d'écuries", présentant leur membres. Mais il est un phénomène qui m'interpelle, celui des regroupements de clients de tel ou tel faiseur ou laboratoire. L'idée est louable pour ceux qui font ainsi savoir leur savoir faire. Mais on peut quand même se demander si nous ne sommes pas en train d'inverser les choses en mettant en avant le conseil plus que le producteur.
On peut imaginer ainsi demain que les résultats aux concours soient aussi rendus non pas en nommant le château, mais en nommant son conseil.
Suivant la même logique, pourquoi ne pas rendre les résultats aux examens en classant les listes par noms des professeur, celui des élèves devenant secondaire?
On peut penser que les professeurs ont une part importante dans la réussite de leurs élèves, mais au final, ce sont tout de même ces derniers qui travaillent et passent l'examen.
Mais le monde du vin a ses petites particularités et ses crises d'ego à nul autre pareil, cela en fait son charme.
mardi 26 février 2013
Petit péché d'orgueil pour marketing personnel
Le monde du vin, c'est un peu les galeries Lafayette, il s'y passe toujours quelque chose. Alors que l'élite bordelaise se prépare à recevoir toute la critique internationale dans un mois, ce week-end a eu lieu la finale du concours général agricole des vins à Paris. Cela peut paraitre désuet, mais représente beaucoup sur le plan de la reconnaissance et sur le plan économique pour ceux qui apparaissent au palmarès. Car paradoxalement, pour les vins considérés d'entrées de gamme, la breloque en or permet de multiplier par 1,5 à 2 le prix de leur production avant toute forme de négociation. Un peu comme un 98 sur 100 dans le fameux guide Parker.
Et si tout règlement génère des tricheurs, les journaux en relatent tous les jours des exemples dans tous les domaines, ceux qui figurent dans le palmarès de ce concours le méritent pour l'immense majorité et voient ainsi leur travail récompensé.
Je tiens à saluer donc ceux qui ont choisi de travailler avec moi et qui sont recompensés cette année :
Château Curton la Perrière de monsieur Jérôme Falgueyret, médaille d'or, Château de la Nauze de messieurs Mérit père et fils, médaille d'or, le Château La Fleur Guillebot de monsieur Michel Brun, médaille de bronze, le Château Auguste rosé, de monsieur Meijer, médaille d'or, le Château Haut Montauran blanc, de monsieur Roussillon, médaille de bronze, le Château Lapinesse blanc, de messieurs Siozard, médaille d'argent, le Château Guillou, de la famille Saby, médaille d'argent, le Château Bertin et le Château Saint André Corbin, de la famille Saby, médaille d'or.
Bravo à eux.
Avec une mention spéciale au Château Auguste, cultivé en Bio, qui prouve que l'on peut faire du "bio" tout en étant reconnu parmi des vins "classiques", c'est ce pour quoi travaille son opiniatre propriétaire. Bravo à lui.
Pour ce qui me concerne, et pour faire comme certains de mes confrères tirant à eux la couverture médiatique, un petit pêché d'orgueil me permet de dire que sur 10 clients ayant présentés des vins, 7 ont été récompensés, soit un taux de réussite de 70%, là où la statistique donne 25% de vins récompensés!
Mes clients augmentent ainsi leur chance par 2,8 de voir leurs vins récompensés. Ce n'est certainement pas à moi à le faire remarquer, mais qui le fera alors?
Encore merci à ses vignerons pour leur confiance.
Et si tout règlement génère des tricheurs, les journaux en relatent tous les jours des exemples dans tous les domaines, ceux qui figurent dans le palmarès de ce concours le méritent pour l'immense majorité et voient ainsi leur travail récompensé.
Je tiens à saluer donc ceux qui ont choisi de travailler avec moi et qui sont recompensés cette année :
Château Curton la Perrière de monsieur Jérôme Falgueyret, médaille d'or, Château de la Nauze de messieurs Mérit père et fils, médaille d'or, le Château La Fleur Guillebot de monsieur Michel Brun, médaille de bronze, le Château Auguste rosé, de monsieur Meijer, médaille d'or, le Château Haut Montauran blanc, de monsieur Roussillon, médaille de bronze, le Château Lapinesse blanc, de messieurs Siozard, médaille d'argent, le Château Guillou, de la famille Saby, médaille d'argent, le Château Bertin et le Château Saint André Corbin, de la famille Saby, médaille d'or.
Bravo à eux.
Avec une mention spéciale au Château Auguste, cultivé en Bio, qui prouve que l'on peut faire du "bio" tout en étant reconnu parmi des vins "classiques", c'est ce pour quoi travaille son opiniatre propriétaire. Bravo à lui.
Pour ce qui me concerne, et pour faire comme certains de mes confrères tirant à eux la couverture médiatique, un petit pêché d'orgueil me permet de dire que sur 10 clients ayant présentés des vins, 7 ont été récompensés, soit un taux de réussite de 70%, là où la statistique donne 25% de vins récompensés!
Mes clients augmentent ainsi leur chance par 2,8 de voir leurs vins récompensés. Ce n'est certainement pas à moi à le faire remarquer, mais qui le fera alors?
Encore merci à ses vignerons pour leur confiance.
mercredi 13 février 2013
Promenade hivernale
Mes activités paraprofessionnelles m'amènent à voyager un peu. Ce week-end, j'ai eu la chance de voir l'Alsace sous la neige et d'y faire quelques descentes de caves. Nul besoin de préciser que la région est magnifique, modèle de carte postale vigneronne. Les vins y sont tout aussi intéressants, garants d'une certaine "biodiversité" des goûts. Mosaïques de terroirs et de cépages, l'Alsace nous présente en effet une grande variété de goûts. La maison Hugel en est la parfaite illustration, et je la remercie pour cette très belle dégustation. Il est toutefois une réflexion qui me vient toujours quand j'ai le plaisir de boire des vins alsaciens : "quelle sensation sucrée va m'être offerte?" Si les mentions vendanges tardives et sélection de grains nobles ne laissent peu de doute, pour le reste des vins c'est toujours une surprise. Je n'ai malheureusement pas la chance de connaître toute la production locale, il m'est donc toujours difficile de choisir un vin à priori pour accompagner un plat, craigant que l'équilibre sucré ne soit pas en accord avec le met. Sans prétention, j'invite nos amis alsaciens à proposer une solution simple qui permette au consommateur, pas toujours éclairé, de s'y retrouver entre le presque sec et le moelleux. Mais continuez à explorer vos terroirs pour notre plus grand plaisir.
mardi 29 janvier 2013
Voeux
Encore quelques heures pour vous présenter mes meilleurs voeux oenologiques pour cette nouvelle année.
Que pouvons nous espérer pour cette nouvelle année. La prophétie Maya ne s'est pas réalisée, tout au moins dans son côté apocalyptique.
Par contre gageons qu'une nouvelle ère s'ouvre dans le petit monde du vin en général et du bordelais en particulier. Robert Parker a cédé une partie de ses activités et de sa revue Wine Advocate à une société de Singagapour. Faut-il y voir là un changement d'horizon radical? On dit à juste titre que le soleil se lève à l'est, cela semble désormais être le cas dans le vin.
Nous pouvons penser que cela ne sera pas sans incidences sur le goût de nos vins à moyen terme, à moins que....
Le modèle Parker, non voulu par son auteur à l'origine, a fonctionné comme une agence de notation, à l'instar du monde de la finance avec les même dérives spéculatives. De quoi sera fait l'avenir? Qui vivra verra. Soit nous repartons sur le modèle d'une agence mondiale de notation type Parker, son successeur sera vraissemblablement asiatique, pour ne pas dire chinois. Mais cela n'est pas écrit, et l'apparirion de la blogosphère change sans doute radicalement la donne. On peut penser que les futures agences de notation seront des blogs. Les influences seront ainsi plus diffuses laissant la place à une plus grande "biodiversité" des goûts référents. C'est globalement une bonne nouvelle, mais chaque médaille ayant son revers, nous ne sommes pas à l'abri de dérives farfelues. Le goût nécessite, comme les autres arts (musique, littérature, danse, etc...) formation, travail et culture générale. Et si je pense que comme en tout l'époque classique a vécu en matière de vin, gardons nous des "barbares". Si j'ai toujours considéré que donner un caractère sacré au vin dans son usage laïc était déplacé, attention à l'inverse à vouloir le faire rentrer dans des cadres agroalimentaires normés. Le vin est un produit complexe, pour ne pas dire rebel et indomptable. C'est ce qui fait que l'on ne s'en lasse pas d'ailleurs, car il se révèle toujours un peu différent de ce qu'on attend de lui. Alors entre ceux qui voudraient le domestiquer comme le lait ou à l'inverse ceux qui pensent comme Rousseau que le bon vin est le vin "sauvage", gardons nous de ces "barbares". Le vin est un animal sauvage domestiqué, son avatar industriel est un usurpateur et son frère de treille non éduqué le vinaigre.
Alors amis blogueurs, si vous ambitionnez de devenir une nouvelle agence de notation, cultivez vous, avec modération bien sûr. La discipline oenologique est l'une des rares si agréable à travailler, mais les excès ne sont jamais de bons conseils.
Bonne année 2013 à tous.
dimanche 21 octobre 2012
Précurseur
L'histoire est en marche, tout au moins, on ne peut lutter contre l'évolution et l'imagination des hommes.
Dans ma réflexion sur l'avenir de l'élaboration du vin décrite dans "Le Marketing du goût", je parle de mon approche technique basée sur la segmentation de la matière première. Un évènement récent vient valider l'intuition qui fut la mienne.
Philippe BARDET, vigneron génial inventeur à Saint Emilion, vient de mettre au point le QUALIBAIE : dispositif technique permettant sur une même parcelle de trier les grains de raisins en fonction de leur diamètre.
Pour collaborer avec ce vigneron depuis plus de 10 ans, le résultat est stupéfiant et valide ma théorie. Les vins obtenus à partir des raisins d'une même parcelle et triès selon leur calibre sont très différents. Il s'agit là d'une véritable révolution. En effet, notre histoire à "triés" les parcelles selon les terroirs, désormais, une même parcelle peut donner naissance à deux vins différents.
Le hasard a fait que j'ai croisé Philippe BARDET il y a plus de 10 ans. Nous avons avancé ensemble dans la compréhension de notre métier. EN 2012, je sortais une réflexion théorique sur les bases de l'oenologie telle qu'elle devrait évoluer dans les années à venir grâce à l'apparition de nouveaux outils techniques. Avec le QUALIBAIE, Philippe BARDET est le premier à valider cette perspective.
N'en déplaise aux chantres du conservatisme, la tradition de demain est l'évolution d'aujourd'hui.
A bientôt pour vous faire déguster le résultat de cette révolution.
dimanche 7 octobre 2012
A chacun sa vérité
Nous sommes le 7 Octobre et les vendanges de rouge commencent à peine à Bordeaux.
Le réchauffement climatique nous réserve des surprises et nous voilà sur un millésime tardif.
En blanc et en rosé, c'est à une véritable explosion d'arômes à laquelle nous avons le droit, mais il est écrit qu'à Bordeaux seul le rouge fasse parler de lui et intéresse tout ce qui gravite comme journalistes et communiquants autour du vin.
Qu'on se le dise quand même, les blancs seront de vrais bouquets d'arômes.
Pour les rouges, on ne peux pas encore se prononcer, d'autant que pour la date de vendange, chacun à sa vérité. Il y a les pragmatiques, les dogmatiques et les joueurs. La dernière modes, enfin, mode qui date déjà de quelques temps veut que celui des consultants dont les clients vendangeront les premiers aura perdu au jeu de c'est celui qui dit qui est. Car nous vivons en effet une course absurde à celui qui vendangera le dernier. Si il y a encore quelques années, les vignerons avaient en effet tendance à vendanger trop tôt, il semblerait que nous soyons tombé dans l'excès inverse. Mais à ce jeu de qui perd gagne, on prend le risque de perdre beaucoup de récolte pour gagner une bonne note au printemps. Car, en matière de vin, on attribue en effet les prix Nobel à la maternelle, et on juge de la qualité d'un vin quelques semaines après l'accouchement, y compris sur des vins dont l'histoire a jugé qu'ils étaient fabuleux au bout de 20 ans! Oui, mais voilà, nos sociétés modernes n'aiment pas bien le temps, et la finance non plus d'ailleurs. Avec de tels raisonnements, toutes les grandes inventions de demain passent inaperçues aujourd'hui car non rentables sur le cout terme.
Mais en matière de vin, ce n'est pas grave, en effet les déceptions à venir dans les 20 prochaines années ne sont pas le soucis de ceux dont la côte se fera au printemps.
Ainsi, tombe t on déjà sur des 2008, 2006 comateux et qui ne passeront pas la décennie. Qu'importe en effet, les financiers en auront eu pour leur placement, quant aux gogos qui ouvriront les bouteilles, leur déception restera privée.
Sauf qu'à ce jeu là, si les terroirs historiques ne font plus de vins de garde, et que les grands vins deviennent des produits marques de la réussite sociale de leurs acquéreurs, au même titre que certains sacs, lunettes ou voitures.
Mais n'oublions pas que les grands vins ont aussi été les produits d'une certaine rigueur et exigence sans compromition. La facilité et le court termisme ne sont pas solubles dans le vin, les lendemains risquent d'être difficiles. Les vérités du printemps ne seront pas celles des années à venir.
Alors à chacun sa vérité, celle du printemps et celle des années à venir.
samedi 22 septembre 2012
De l'authenticité d'un vin
Le vin est toujours le reflet de son propriétaire, de sa surface financière et médiatique. Le vin est donc le reflet de son époque, il est contemporain. Et même si certains voudraient nous faire croire que leur vin à le goût d'antan, cela relève d'un doux rêve romantique, quand il ne s'agit pas tout juste d'une escroquerie commerciale.
Posons ici le débat de l'authenticité d'un vin. Le vin a ce pouvoir de véhiculer une part de rêve propre à chaque individu qui va le boire. L'authenticité ressentie va donc dépendre de chacun d'entre nous et variera d'un individu à l'autre.
Qui n'a pas vécu l'expérience de la dégustation d'un vin en présence de son propriétaire dans un chai antique, d'avoir sincèrement aimé le vin, d'en avoir acheté, et d'avoir été terriblement déçu par la suite en ouvrant une de ces bouteilles idéalisée.
De même, qui n'a pas tenté l'iconoclaste expérience de l'usurpation d'étiquette, en mettant un grand cru dans une bouteille de vin ordinaire ou vice versa et d'avoir ainsi piégé son auditoire, plus enclin à juger l'étiquette que le vin lui même.
Alors où placer la notion d'authenticité d'un vin?
Pour le technicien spécialiste que je suis, un vin authentique doit réfléter son origine, le lieu où il est fait, exprimer le goût des raisins dont il est issu.
Je ne situe donc pas le débat au niveau de la notion de grand vin ou de petit vin qui aujourd'hui n'a plus vraiment de sens pour moi.La diffusion du savoir oenologique dans toutes les caves de France et de Navarre, n'en déplaise à certains, ayant éliminé les affreuses piquettes d'antan, même si depuis quelques temps quelques réinventeurs du passé font de nombreux efforts pour renouer avec cette tradition.
Un vin authentique, reflet de ses raisins, est tout d'abord, n'en déplaise à certains, un vin non "pollué" par des déviations aromatiques et gustatives ne provenant pas du raisin. Ensuite, un vin authentique doit être l'expression originale du sol dont il est issu.On doit pouvoir l'identifier comme tel.
C'est là où l'on retrouve la contemporanéité du rôle des agences de notation qui notent plus un style qu'une identité. Ainsi, elles vont plus récompenser un style commun à un vin de Mendoza, de la vallée de Maïpo au Chili, de Bordeaux ou de la vallée du Rhône qu'à une identité propre. Certains parlent de standardisation du goût, c'est peut être excessif, tout comme l'est le rôle de ces agences dans la création de valeur.
Fort de ce constat, j'affirme aujourd'hui qu'il y a souvent beaucoup plus d'anthenticité dans un vin catalogué de petit, car non hiérarchisé par tel ou tel guide ou agence, que dans un vin de catégorie supérieure calibré pour plaire à tel ou tel palais très influent pour la création de valeur dans les bourses mondiales du marché du vin.
Ne parlons donc plus de qualité d'un vin, mais d'authenticité technique et d'origine.
Ce sera la meilleure réponse à ceux qui proposent des escroqueries techniques ou des usurpations d'origine, car en effet : " IN VINO n'est pas toujours VERITAS".
samedi 15 septembre 2012
Saint Emilion : un classement pour l'histoire
Alea jacta est, le sort en est jeté. Les gardiens du temple des principes de l'INAO ont rendu leur verdict : le nouveau classement des vins de Saint Emilion est arrivé, non comme le beaujolais nouveau, enfin il faut le souhaiter pour cette noble appellation, quand on connaît aujourd'hui la situation économique de ce vignoble du nord de Lyon.
Mais les Saint Emilionnais devraient tout de même méditer le destin des vins de gamay longtemps portés par le succès marketing et commercial de leur sortie le troisième jeudi de Novembre. Ce succès populaire a brouillé l'image des crus, pourtant magnifiques, de cette région qui aujourd'hui souffrent d'un manque d'identité.
Evidemment, la problématique Saint Emilionnaise n'est pas du tout la même, mais à rendre trop accessible l'exceptionnel, on peut lasser.
Pour avoir suivi de prêt l'histoire récente du classement des vins de Saint Emilion et pour vivre au coeur du vignoble, j'ai pu mesurer avec la distance les enjeux de celui-ci.
En matière de hiérarchisation des crus, il est a noter que les autres vignobles ont choisi la glaciation, ou presque. Le médoc et le sauternais à Bordeaux sont figés depuis 1855, avec un frémissement en 1973, alors que la cartographie du vignoble actuel est parfois fort différente de celle en vigueur en 1855. La bourgogne et ses climats est quant à elle un héritage des moines du moyen âge!
Dans ces conditions, les saint emilionnais sont inconscients, fous ou terriblement courageux de vouloir réviser leur hiérarchie tous les 10 ans, et donc la valeur foncière de ses crus. Saluons donc cette démarche dynamique et résolument tournée vers l'avenir dans un univers trop souvent accroché à un passé idéalisé. Tout se passait assez bien jusqu'à ce qu'en 2006, les exclus du classement ne fassent entrer le monde du vin de plaint pied dans la réalité du monde moderne des affaires, ou plutôt du business gouverné par la culture anglo-saxonne. Le terroir et les vinificateurs ont laissé placent aux avocats, conseillers juridiques et autres hommes de loi. D'autres acteurs allaient également révéler au grand jour leur influence sur les marchés, comme pour la finance : les agences de notation. Elles créent la notoriété et donc la valeur des crus.
Si en 2006, le monde de la finance n'avait pas encore dévoilé toute son influence perverse, depuis, la crise des subprimes a mis au grand jour toutes les dérives qu'il peut générer.
Le nouveau classement de 2012 fait éclater en pleine lumière cette evidence : le monde du vin, tout au moins celui d'une partie de son élite, fonctionne sur le même modèle que celui de la finance. La création de valeur que cela engendre est très positive pour les propriétaires des crus et pour une partie de la filière. Espérons simplement que les marchés ne se retournent pas comme ceux de la finance, les réveils risqueraient d'être pires qu'après une bonne gueule de bois.
Ce nouveau classement est également très intéressant dans son résultat et fera sans doute l'objet de thèses d'histoire, de sociologie ou d'économie.
C'est l'éterntel débat entre les anciens et les modernes vieux comme l'humanité.
On peut noter tout de même que les avocats ont bien fait leur travail, car à deux rares exceptions, les exclus de 2006 sont réintégrés, quant aux agence de notations, elles ont largement influencé la promotion de certains crus aux niveaux supérieurs, ce qui ne remet d'ailleurs pas en cause les mérites de leurs propriétaires. Comme on dit, l'histoire jugera. Mais dans une règle ou seule la montée est possible, il risque d'y avoir embouteillage à terme dans les étages supérieurs. Sans compter que sur le plan architectural, un batiment dont la base se rétrécie au profit du haut devient instable.
Il est quand même un fait à noter. La notion de terroir n'a jamais été autant utilisée dans le monde du vin que depuis ces dernières années, tellement d'ailleurs qu'on a parfois du mal à en retrouver le sens. Paradoxalement, si on rapproche cette notion du sens qu'en donne Olivier de Serres, il s'agit d'un territoire cultivé. En matière viticole, un bon terroir se défini par une parcelle de terre planté de vigne et dont le vin se distingue par sa qualité particulière.
Mais il est vrai qu'en matière de viticulture, on ne mange pas le raisin, le terroir s'exprime après des phases de transformation : la vinification puis l'élevage, pour lesquelles l'homme prend une part importante.
Si on peut définir le terroir par 4 composantes : le sol, le cépage, le climat et l'homme, le nouveau classement de Saint Emilion marque sans doute un tournant majeur dans le monde du vin local. Il donne en effet une place prépondérante à l'homme sur le sol, les bourguignons doivent particulièrement mesurer l'ampleur de cette évolution.
Espérons toutefois qu'il ne s'agisse pas là d'un péché d'orgueil. Rendez-vous dans 10 ans.
Je ne sais pas si vous êtes nombreux et fidèles à suivre ce blog, mais je vous promets d'etre plus assidu désormais.
Pour commencer, à l'heure des foires aux vins, je vous invite à courrir au Monoprix le plus proche de chez vous pour y acheter Le château Moulin d'Auguste.
Depuis ma dernière connexion début 2012, j'ai commis un petit ouvrage :"Le marketing du goût" dans lequel je développe mon thème favori : le vin et son goût, et les enjeux économiques associés. Il est publié aux éditions Féret.
Voici la couverture :
Et voici le commentaire lu dans le journal l'écho du 7 Septembre 2012 :
"Chacun ses goûts"
Il paraît-le poète Charles Cros l'a formulé dans le Coffret de Santal- qu'"on ne dispute pas des couleurs ni des goûts". Libre à chacun d'entre nous d'apprécier la valeur du propos, traduction du latin médiéval : "gustibus et coloribus non est disputandum".
Ainsi formulé, cela fait plus sérieux. Pourtant, il ne faut pas grand clerc pour comprendre que notre goût "physiologique" est, de fait, imbriqué dans un ensemble de valeurs codées en évolution quasi permanente. L'homme est une être social, ne l'oublions pas. La baisse de la consommation du vin en France proviendrait elle-aussi!- d'une modification des valeurs sociales du goût orchestrées par un marketing efficace? A cette question, Nicolas Guichard, fort d'une longue expérience "marketing", tente de répondre de manière objective, en présentant une série de constats auxquels la filière vitivinicole se trouve confrontée. Car il ne suffit pas de faire du vin selon son goût et son amour du terroir, encore faut-il le vendre! L'auteur ouvre ainsi toute une série de pistes de réflexions qui intéresseront tous les amoureux de la dive bouteille.
P.C.
Merci à P.C. d'avoir compris le sens de mon message, iconoclaste pour certains.
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